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Intégrer l'habitat, les gens et les populations
Au vu de ce qui précède, on peut comprendre les gains possibles dans la création d'habitat à la fois pour les populations de canards et du point de vue des partisans, et déterminer les cas où il pourrait y avoir des compromis à faire. Cette approche ne permet pas d'intégrer officiellement les trois objectifs, mais elle les relie dans un cadre commun et elle est facile à appliquer sur le plan computationnel et conceptuel. Pour valider le principe, Krainyk et coll. (2019), Palumbo et coll. (2021) et Devers et coll. (2017) ont élaboré des outils de planification spatiale à l'échelle internationale, régionale et des États, respectivement, qui intègrent des considérations relatives à la création d'habitat afin de répondre à la fois aux préoccupations concernant les populations de sauvagine et aux préoccupations d'ordre social. Ces outils efficaces fournissent une orientation tangible pour les investissements dans le cadre du PNAGS et du North American Wetlands Conservation Act à de multiples échelles, et ils génèrent des hypothèses qui pourraient être évaluées de façon adaptative au fil du temps. Des exemples existants offrent des possibilités intéressantes pour une application à plus grande échelle :
1. La quantification des multiples avantages conférés par les ressources de l'habitat de la sauvagine se poursuit. D'autres travaux visant à comprendre le flux spatial et temporel de ces multiples avantages, et la prise en compte continue de ceux-ci dans les outils de planification, amélioreront la capacité des partenaires du PNAGS à mobiliser de plus grands segments de la société pour la conservation des nombreuses valeurs associées à l'habitat de la sauvagine.
2. La conception de programmes de conservation efficaces nécessite la prise en compte des avantages et des coûts liés à la mise en œuvre de diverses solutions de rechange en matière de conservation. L'intégration des coûts relatifs aux outils de planification est une étape préalable importante pour comprendre les compromis liés aux différents choix de conservation.
3. Pour faire un choix parmi les solutions de rechange en matière de conservation, il est important de prendre en compte le rythme auquel les avantages vont se faire sentir. Généralement, dans les cas où les interventions dans l'habitat sont conçues pour rétablir les fonctions écosystémiques, les avantages commencent à se faire sentir dès que la remise en état est achevée. Cela peut cependant prendre du temps. Par ailleurs, dans le cas d'options qui conservent les fonctions écosystémiques existantes, les avantages se feront sentir au rythme auquel ils auraient été perdus en l'absence de mesures de conservation (Possingham et coll., 2015). Par conséquent, l'investissement de ressources pour conserver l'habitat présentant un faible risque de conversion pourrait donner lieu à un faible rendement.
4. La sensibilité des populations de sauvagine aux changements de l'habitat varie tout au long du cycle annuel. La prise en compte des données provenant des récents modèles de population intégrés pourrait aider à concentrer les ressources sur les événements du cycle vital qui ont le plus d'incidence sur l'atteinte des objectifs du PNAGS. L'intégration de ces composantes aux outils de planification nouveaux ou existants aidera à mobiliser de nouveaux partisans, tout en offrant des programmes de conservation plus efficaces et en permettant d'éviter les coûts de renonciation substantiels actuellement présents dans les allocations de fonds. De plus, une collaboration et une coordination internationales étroites à l'échelle du Canada, des États-Unis et du Mexique, sont essentielles pour veiller à ce que les ressources de conservation soient investies là où elles seront le plus efficaces pour atteindre les objectifs du PNAGS.