Le tout est plus grand
Intégrer trois objectifs d’importance équivalente
La révision du PNAGS de 2012 a permis de cerner trois objectifs fondamentaux d’importance équivalente, et des objectifs précis sont énoncés dans l’addenda de 2014. Ces objectifs précis se fondent sur les buts suivants : 1) maintenir les populations de sauvagine et les fluctuations des populations à leurs niveaux historiques; 2) conserver suffisamment d’habitat pour pouvoir répondre aux besoins liés au cycle vital de la sauvagine et aux souhaits de ceux qui soutiennent la conservation de la sauvagine; 3) augmenter le nombre de partisans grâce à diverses activités. De plus, la mise à jour de 2018 préconise l’harmonisation des travaux à l’échelle des trois objectifs. Plus précisément, les praticiens ont été invités à « tenir compte des effets de certaines décisions de gestion sur tous les objectifs, et [...] [à] apprendre à connaître les effets de ces actions sur l’atteinte d’objectifs multiples par l’entremise de suivis et d’évaluations ».
La science au service de la stratégie
Prise de décisions régionale et outils d’intégration
La mise à jour de 2018 indique également que la majorité des décisions portant sur la mise en œuvre du PNAGS sont prises à l’échelle régionale ou locale, et que l’intégration devrait obtenir plus de succès à l’échelle régionale (États, provinces, territoires ou plans conjoints). À cette fin, Krainyk et coll. (2019) ont entrepris un projet de recherche novateur pour élaborer un outil d’aide à la décision afin d’intégrer à une échelle spatiale donnée les objectifs biologiques et sociaux du PNAGS. L’outil permet la personnalisation, de sorte qu’il peut être utilisé par les professionnels de la faune à l’échelle nationale et régionale (États, provinces, territoires) pour les aider à prendre des décisions visant la conservation de l’habitat de la sauvagine. De tels outils sont très prometteurs et appuient les efforts déployés dans le cadre du PNAGS pour faire progresser l’intégration. Dans le cadre du processus d’examen pour la mise à jour de 2024, un sondage a été effectué auprès du personnel des plans conjoints. Il a révélé des progrès dans l’utilisation des sciences sociales pour éclairer la prise de décisions, mais a également montré que la science des dimensions humaines est principalement perçue comme un outil pour atteindre les objectifs biologiques, plutôt que comme un moyen d’appuyer les objectifs relatifs aux communautés en tant que but ultime (rapport technique à l’appui de la mise à jour de 2024). Des exemples d’approches de conservation dans le cadre des plans conjoints, qui cherchent expressément à obtenir des avantages pour la sauvagine et d’autres services écosystémiques, ont aussi été examinés. Ces approches ont donné des résultats concrets pour les plans conjoints, puisqu’elles ont permis de mobiliser un public plus vaste et de démontrer les avantages sociétaux plus larges découlant de la conservation de l’habitat de la sauvagine (rapport technique à l’appui de la mise à jour de 2024).
Les entrevues menées auprès de membres du personnel des plans conjoints ont révélé des progrès considérables dans l’intégration des objectifs en matière d’habitat et de populations de sauvagine (annexe H). Quinze des vingt-trois membres du personnel des plans conjoints qui ont pris part aux entrevues ont indiqué qu’ils avaient quantifié les objectifs en matière d’habitat en tenant compte des objectifs de population du PNAGS. Par ailleurs, seulement deux des membres ont indiqué qu’ils avaient intégré les priorités relatives aux communautés à leurs priorités géographiques pour l’habitat de la sauvagine, et aucun d’entre eux n’avait quantifié les objectifs en matière de populations de sauvagine en tenant compte des objectifs relatifs aux communautés du PNAGS (annexe H; rapport technique à l’appui de la mise à jour de 2024).
Les défis de l’intégration
Comprendre l’objectif relatif aux communautés
Les progrès relativement lents en ce qui concerne l’intégration officielle des objectifs relatifs aux communautés aux objectifs en matière d’habitat et de populations de sauvagine ne devraient pas être interprétés comme un manque d’intérêt des partenaires du PNAGS à l’égard des dimensions humaines. Ils témoignent plutôt d’incertitudes entourant le processus. Cela n’est guère surprenant étant donné que ce volet important du PNAGS n’a vu le jour que dans la révision de 2012. Les praticiens du PNAGS ont dû assimiler et apprendre beaucoup de choses dans l’entre-temps. En fait, il est encourageant de savoir que les responsables de nombreux plans conjoints ont indiqué la réalisation d’investissements considérables dans le cadre de leurs partenariats pour mieux comprendre les facteurs socioéconomiques qui influent sur la conservation de l’habitat. Ces investissements ont permis de nombreuses réalisations, notamment la quantification et la communication améliorées de l’éventail d’avantages offerts par la remise en état et la conservation de l’habitat de la sauvagine; la conception et l’élaboration de programmes qui profitent simultanément à la sauvagine et aux producteurs agricoles; les efforts déployés pour fournir des connaissances scientifiques actionnables afin d’alimenter les débats politiques; et la collecte extensive de données sur la motivation, la satisfaction et les caractéristiques démographiques des chasseurs de sauvagine et d’autres amateurs de plein air (Patton, 2018; Cole, 2022).
La voie à suivre
Vers une intégration plus solide
Si l’on souhaite conserver et intégrer trois objectifs fondamentaux équivalents, il est possible que du soutien et des directives supplémentaires soient nécessaires pour cibler plus efficacement les efforts de conservation dans le cadre des plans conjoints. Par exemple, si le maintien des populations de sauvagine est essentiel afin de soutenir les chasseurs de sauvagine aux seules fins de la chasse, les plans conjoints et/ou les conseils des voies migratoires pourraient avoir besoin de directives supplémentaires concernant l’intégration des activités de gestion de l’habitat et de la récolte; des activités visant le recrutement, le maintien et le retour à la participation des chasseurs de sauvagine; et des activités semblables qui ne sont pas habituellement visées par les plans conjoints. L’intégration quantitative à l’échelle des trois objectifs équivalents demeure difficile à la fois sur le plan conceptuel et dans la pratique. Néanmoins, depuis la révision de 2012 et la mise à jour de 2018, nous avons réalisé des progrès réels en vue de résoudre le problème, grâce à une intégration plus formelle par paire, c. à d. de deux objectifs à la fois. Les quatre sections suivantes présentent des exemples de ces progrès.