Les recommandations
Mises à jour recommandées des objectifs de population de canards
1. Ajuster la période de la zone de relevé traditionnelle
Le Comité du Plan ajustera la période utilisée pour les objectifs de la ZRT, ce qui suppose 1) d’établir 1974 comme l’année de début plutôt que 1955, et 2) d’ajouter les données recueillies de 2015 à 2023 aux données utilisées en 2014, de sorte que les moyennes à long terme (MLT) soient fondées sur la période de 1974 à 2023.
L’analyse minutieuse des changements apportés à la conception et aux protocoles au cours des premières années de suivi de la ZRT dans le cadre du RPRHS indique que la période de 1974 à 2023 est plus appropriée pour déterminer les objectifs relatifs aux MLT (rapport technique à l’appui de la mise à jour de 2024). Les activités de relevé ont augmenté considérablement entre 1955 et 1974, l’emplacement des transects a été modifié, et les limites des strates ont été déplacées sur des transects existants. Le protocole a connu un autre changement important en 1974, lorsque les observateurs ont cessé de consigner les observations de canards non identifiés, ce qui a entraîné une augmentation du nombre d’individus identifiés pour certaines espèces. L’absence de documentation détaillée sur certains de ces changements limite la capacité d’analyse des données les plus anciennes au moyen d’approches fondées sur des modèles. Cependant, c’est au cours de la période de 1974 à 2023 que les activités de relevé et d’allocation des ressources ont été les plus constantes et que les changements apportés à la conception des relevés ont été les mieux documentés. En outre, cette période est assez longue (50 ans) pour couvrir un large éventail de conditions touchant l’habitat et les populations de sauvagine. Le report de la date de début nécessite un léger ajustement des objectifs du PNAGS relatifs à la MLT pour la plupart des espèces, et les espèces qui étaient en deçà des objectifs en 2014 sont également en deçà des nouveaux objectifs recommandés (annexe C; rapport technique à l’appui de la mise à jour de 2024).
2. Élargir les objectifs de la zone de relevé de l’Est
Canard colvert et Canard noir
Pour le Canard colvert et le Canard noir dans la ZRE, les objectifs du PNAGS comprendront des estimations pour l’ensemble de l’est de l’Amérique du Nord, une région qui s’étend au-delà de la ZRE principale et comprend les zones de relevé des États et des provinces, ainsi qu’une période prolongée de 1998 à 2023 pour le calcul des objectifs relatifs aux MLT et au 80e centile.
Estimation de la population du Canard noir
Pour le Canard noir, une correction de 1:1 pour les couples nicheurs est recommandée aux fins de l’estimation de la population, car celle-ci est actuellement utilisée dans le cadre de gestion adaptative de la récolte du Canard noir. Pour les autres espèces de canards dans l’Est, il est recommandé que les objectifs de population incluent tous les effectifs dans la ZRE du RPRHS (rapport technique à l’appui de la mise à jour de 2024).
Compte tenu de l’élargissement de la ZRE, les objectifs de population du PNAGS seront plus élevés que ceux de l’addenda de 2014 et de la mise à jour de 2018, mais l’estimation sera plus précise et reflétera mieux la taille réelle des populations dans l’est du continent (annexe C; rapport technique à l’appui de la mise à jour de 2024). Par rapport aux versions précédentes, ces objectifs révisés pour l’est du continent fourniront de l’information sur un plus grand nombre de secteurs de planification des plans conjoints des habitats.
3. Examiner la formulation des objectifs de population
Avant la prochaine mise à jour, le Comité du Plan demandera à l’équipe de soutien scientifique du PNAGS (ESSP) d’examiner le processus d’établissement des objectifs de populations, en particulier pour 1) évaluer la pertinence de l’échelle actuelle des objectifs du PNAGS aux fins de la planification de la conservation; 2) évaluer la capacité des cadres de suivi actuels à fournir les renseignements nécessaires aux responsables des plans conjoints pour établir des objectifs de façon efficace et cerner les lacunes à combler; 3) effectuer des analyses, au besoin, pour établir de nouveaux objectifs de population qui sont utiles à l’échelle des entités géographiques locales, mais qui peuvent aussi être intégrés à l’échelle continentale. Deux questions précises sont soulevées : Quelles données seraient les plus utiles pour éclairer la planification de la conservation de l’habitat du Canard colvert et des autres espèces de canards qui se reproduisent dans l’Ouest (voir l’annexe D)? Pourrait-il être utile d’intégrer les estimations des relevés des États à la planification de la conservation des plans conjoints du centre du continent?
La ZRT du centre du continent a été utilisée pour établir les premiers objectifs de population pour les canards, mais ceux-ci sont fondés sur la ZRT et la ZRE du RPRHS annuel depuis 2014. Toutefois, la croissance du nombre de relevés opérationnels des populations de sauvagine nicheuses et les progrès des techniques analytiques ont permis d’effectuer un dénombrement plus complet des populations continentales. La quantité d’information sur les populations (p. ex. relevés des populations de Canard colvert de l’ouest et du centre du continent réalisés par les provinces et les États) utilisée dans les cadres de gestion de la récolte est de plus en plus importante, ce qui permet de s’assurer que les stratégies de récolte sont fondées sur des échelles démographiques pertinentes. L’utilisation de ces mêmes sources de données plus inclusives pour l’établissement des objectifs de population du PNAGS pourrait favoriser l’harmonisation entre les régions de planification et combler l’écart entre les échelles spatiales des objectifs en matière d’habitat et de gestion de la récolte, ce qui améliorerait la cohérence des systèmes de gestion. Cela permettra de s’assurer que les objectifs de population du PNAGS demeurent pertinents et utiles pour l’établissement des objectifs relatifs à l’habitat et l’évaluation des progrès en matière de conservation.
4. Soutenir une planification flexible des plans conjoints
Il est préférable de s’en remettre aux planificateurs expérimentés de chaque plan conjoint, avec l’aide de l’ESSP, pour déterminer si la planification doit être fondée sur des conditions moyennes (objectifs de population MLT) ou des circonstances exceptionnelles (80e centile) et s’il est pertinent de collaborer avec les responsables de plans conjoints adjacents pour faire en sorte que la planification soit fondée sur les niveaux de population souhaités dans l’un des scénarios envisagés. Les responsables de plans conjoints visant la gestion de l’habitat utilisé en dehors de la période de reproduction et la migration devraient utiliser les méthodes de Fleming et coll. (2019) pour adapter les objectifs pertinents à leurs entités géographiques locales.
Les plans conjoints devraient offrir la flexibilité nécessaire pour permettre l’utilisation de méthodes et d’objectifs continentaux conjoints afin d’adapter ces objectifs, ou d’en réduire la portée, à une échelle spatiale pertinente. Le recours aux objectifs conjoints, proposé pour la première fois dans l’addenda de 2014, visait à encourager les planificateurs de la conservation à tenir compte des variations inhérentes dans les écosystèmes lorsqu’ils définissent les conditions du territoire nécessaires pour soutenir les populations de sauvagine MLT, et à reconnaître que des conditions exceptionnelles occasionnelles sont nécessaires pour compenser les inévitables périodes de mauvaises conditions. Par conséquent, les objectifs en matière de population ou d’habitat ne sont pas des valeurs statiques à atteindre chaque année, mais plutôt le résultat souhaité à long terme des variations inhérentes dans les écosystèmes et des mesures de gestion des plans conjoints. Les diverses expériences acquises depuis 2014 dans le cadre des plans conjoints sur l’habitat indiquent que le recours à deux cibles de planification est parfois approprié, mais pas dans tous les cas. De même, les plans conjoints qui ciblent l’habitat utilisé en dehors de la période de reproduction et les haltes migratoires doivent offrir la flexibilité nécessaire pour permettre l’interprétation des objectifs continentaux en termes de leur géographie unique et des étapes du cycle de vie de la sauvagine qu’ils soutiennent. Par conséquent, l’ESSP est invitée à examiner l’établissement de ces objectifs communs et à contribuer aux travaux de planification combinant plusieurs plans conjoints pour assurer un niveau adéquat de redondance de l’habitat entre les plans conjoints afin de soutenir les niveaux des populations de sauvagine attendus pendant les pointes et les creux démographiques. L’ESSP a mis au point et approuvé un cadre cohérent (Fleming et coll., 2019) d’adaptation des objectifs de population du PNAGS à l’échelle régionale, lequel permet aux responsables des plans conjoints d’ajuster les objectifs en fonction de leurs besoins particuliers en matière de planification.
5. Évaluer les méthodes d’estimation des populations et les sources de données
Un examen critique de la méthode d’établissement des objectifs de population du PNAGS est nécessaire pour s’assurer qu’elles sont basées sur les meilleures données disponibles et que des techniques d’analyse modernes sont utilisées, et qu’ils constituent des niveaux de référence pertinents et utiles aux fins de l’établissement des objectifs en matière d’habitat et de l’évaluation du succès des initiatives de conservation. Le personnel technique fédéral, l’ESSP et d’autres chercheurs sont encouragés à collaborer pour remédier aux incertitudes et aux écarts dans les estimations produites à l’aide de différentes techniques et sources de données.
Depuis le début, le PNAGS se distingue par son approche de gestion fondée sur des données probantes et reposant sur un suivi scientifique robuste. Le suivi annuel des populations de sauvagine nicheuses effectué dans le cadre du RPRHS et d’autres relevés d’oiseaux nicheurs a permis de recueillir de précieux renseignements sur l’abondance, la répartition et la variation des populations à long terme, et ces initiatives devraient être maintenues. Ces relevés fournissent également des niveaux de références essentiels pour mesurer le succès de la gestion du PNAGS à l’échelle continentale et régionale.
Depuis la mise à jour de 2018, le Mexique a relancé des programmes de suivi pour établir la répartition, l’abondance et la composition des espèces de sauvagine. Il s’agit de la première initiative de suivi systématique à l’échelle nationale menée par le personnel technique du Mexique qui favorise l’interaction du gouvernement avec la société civile. Les nouvelles données recueillies permettront aux gestionnaires d’évaluer le statut de conservation de la sauvagine, de déterminer l’habitat essentiel, d’élaborer des politiques et des stratégies de gestion, de surveiller les menaces et les effets sur l’environnement, de promouvoir des plateformes pour la sensibilisation et l’éducation et de soutenir la recherche scientifique.
Les gestionnaires de la sauvagine ont de plus en plus recours à d’autres données biologiques et techniques d’analyse pour obtenir de l’information supplémentaire sur les populations. Les bagues récupérées et les estimations des prises ont longtemps été utilisées pour estimer le taux de survie ou tenir compte de la mortalité dans les modèles démographiques, et des cadres d’estimation bayésiens sont maintenant couramment utilisés dans les modèles intégrés de populations et ceux de marquage recapture qui combinent ces flux de données (Alisauskas et coll., 2013). Certains objectifs de population du PNAGS sont déjà fondés sur ces modèles (p. ex. estimations de la ZRE, certains objectifs de population pour les oies).
Les données probantes tirées de récentes analyses des données de baguage fondées sur les estimateurs de Lincoln ont remis en question certaines hypothèses d’autres relevés, et il est possible que les conclusions sur les tendances des populations continentales de sauvagine divergent. Compte tenu de l’importance de ces données pour la planification et l’évaluation du succès du PNAGS, il est recommandé que la communauté de gestion de la sauvagine entreprenne une évaluation critique des estimations des populations de sauvagine, ainsi qu’une évaluation des hypothèses et des biais potentiels des différentes méthodes et sources de données. Cette évaluation devrait être effectuée en collaboration avec le personnel technique fédéral, l’ESSP et d’autres chercheurs.
6. Officialiser un cycle d’examen décennal
Le Comité du Plan exigera officiellement que les objectifs de population soient révisés tous les 10 ans, conformément à la recommandation formulée dans la mise à jour de 2018. Ce calendrier de révision correspond à la fréquence de mise à jour des plans de conservation de la plupart des responsables de plans conjoints, et ceux-ci auront donc l’occasion d’apporter tout changement requis dans le cadre de leurs processus de mise à jour.