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Objectif

“Des milieux humides et des habitats connexes en quantité suffisante pour soutenir les populations de sauvagine aux niveaux souhaités, tout en fournissant des zones récréatives, ainsi que des services écologiques dont la société peut bénéficier.”

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Objectif

“Conserver un système d’habitats capable de maintenir les niveaux moyens de populations de sauvagine à long terme, de soutenir périodiquement les populations abondantes et d’appuyer de façon constante les utilisateurs des ressources dans le cadre des objectifs.”

L’urgence

Le défi : la perte continue d’habitat

Le taux de perte d’habitat et l’ampleur des pertes constituent le plus grand obstacle au maintien des populations de sauvagine aux niveaux qui correspondent aux attentes et aux valeurs du partenariat du PNAGS. Malgré les initiatives des partenaires du PNAGS et d’autres initiatives internationales (p. ex. le programme Fall Flights de l’Association of Fish and Wildlife Agencies), la perte et la dégradation de l’habitat se poursuivent à cause de l’expansion de l’agriculture, de l’urbanisation, du développement industriel, des changements climatiques, de la pollution, des espèces envahissantes et d’autres effets anthropiques. L’atteinte des objectifs de population du PNAGS et le maintien des populations dépendent directement de la capacité de l’habitat de résister aux conditions environnementales variables et de soutenir les populations de sauvagine tout au long du cycle annuel. La perte d’habitat a une incidence directe sur les initiatives de maintien des populations de sauvagine, et elle entraîne la perte et la diminution de nombreux autres avantages auxquels les gens accordent une grande valeur. La conservation et la remise en état de l’habitat ont toujours été les principales dépenses du PNAGS. Les phénomènes socio environnementaux mondiaux qui sont survenus ces dernières années nécessitent non seulement des mises à jour régulières des initiatives de conservation de la sauvagine et des milieux humides, mais aussi des approches de rechange. La perte d’habitat et l’importance des avantages économiques sont des arguments convaincants pour inciter le gouvernement et la société à reconnaître la nécessité d’adopter des politiques contemporaines pour assurer l’utilisation durable des ressources.

Vue aérienne de milieux humides des cuvettes des prairies entourés de champs agricoles, de routes, de brise-vent et de fermes éparses.
Les cuvettes des prairies, autrefois entourées de prairies naturelles, se trouvent maintenant dans un paysage fragmenté de champs agricoles, de routes, de brise-vent et de fermes. Les aires de production de sauvagine et les servitudes contribuent à protéger l’habitat restant.

Sur le terrain

La conservation de l’habitat en action

Conservation de l’habitat sur les terres irriguées

Le plan conjoint de la région intermontagnarde de l’Ouest (PCIO) couvre une grande diversité de milieux semi arides dans l’ouest des États-Unis. L’approvisionnement durable en eau est au cœur de la conservation de l’habitat de la sauvagine et du soutien des collectivités locales. L’initiative Water 4 du PCIO a été lancée en 2019 pour conserver les milieux humides et assurer l’approvisionnement en eau pour l’irrigation agricole, l’habitat du poisson et de la faune, la recharge des eaux souterraines et la résilience du territoire, d’une manière significative pour les communautés. Cette approche est axée sur la conservation des milieux humides selon des critères de pertinence. L’analyse spatiale du PCIO indique que les milieux humides ont connu un assèchement important au cours des 40 dernières années, et certains des milieux les plus résilients sont des prés de graminées irrigués par submersion qui sont utilisés pour la production fourragère. L’irrigation de ces prés humides procure de multiples avantages aux communautés. L’initiative Water 4 a recours à des servitudes de conservation, à la modernisation de l’infrastructure d’irrigation par submersion et à d’autres pratiques pour soutenir non seulement les populations de sauvagine, mais aussi les collectivités agricoles rurales et les personnes dont la subsistance dépend de la santé du territoire. Les travaux menés en collaboration avec les éleveurs pour soutenir les pratiques d’irrigation des terres permettent de conserver des milieux importants, pour des raisons au-delà des oiseaux, d’en assurer la résilience — ce qui est principalement rendu possible par de nouvelles sources de financement — et d’établir des relations avec des producteurs agricoles qui ont des droits de longue date sur l’eau.

Conservation de la sauvagine et des milieux humides au Manitoba par la science et la communication

Au Canada, la réglementation sur la protection des milieux humides relève de la compétence provinciale. L’évaluation réalisée pour le Plan conjoint des habitats des Prairies (PCHP) indique que la perte continue de milieux humides est le plus grand obstacle à l’atteinte des objectifs du PNAGS. Pour y répondre, un programme intégré de science et de communication a été lancé dans le cadre du PCHP, qui est dirigé par Canards Illimités Canada, afin de promouvoir la protection des milieux humides au Manitoba. Une étude scientifique a permis de quantifier l’effet de la perte de milieux humides en amont du bassin versant sur l’augmentation des inondations et la réduction de la séquestration des gaz à effet de serre et des contaminants (en particulier les sédiments et les composantes de l’engrais, comme le phosphore et l’azote) dans les rivières, les autres cours d’eau et les lacs en aval. Les résultats de cette étude ont été diffusés dans de nombreux médias et ont permis d’établir des liens solides entre la perte de milieux humides et la prolifération accrue d’algues dans le lac Winnipeg. Chaque année, les épisodes de prolifération d’algues entraînent la fermeture de plages très fréquentées pendant la période de pointe des vacances estivales. Parallèlement, des scientifiques et des experts en politiques ont travaillé avec des politiciens et des hauts fonctionnaires provinciaux et divers groupes d’intervenants pour rédiger un nouveau règlement sur la protection des milieux humides. Ces travaux ont donné lieu à l’adoption d’un nouveau règlement plus rigoureux sur les milieux humides.

Élargir la coalition

Mobiliser un appui pour la conservation de l’habitat

La mobilisation de partisans informés et dévoués est nécessaire pour que les initiatives de conservation de l’habitat soient un succès et qu’elles soient mises en œuvre au rythme requis pour soutenir les populations de sauvagine en Amérique du Nord. Pour relever des défis à grande échelle en matière d’habitat, il est nécessaire d’élargir et de diversifier la base de partisans et de partenaires du PNAGS pour accroître la capacité d’aborder les enjeux à l’échelle des plans conjoints. Cela signifie qu’il faut solliciter davantage de chasseurs et d’ornithologues amateurs et attirer des partisans et des partenaires qui apprécient les avantages non liés à la sauvagine que procurent les initiatives de conservation du PNAGS. De nombreux partisans accorderont de l’importance non seulement à la sauvagine et à son habitat, mais aussi aux multiples avantages qui découlent des activités de conservation de l’habitat du PNAGS. Il pourrait s’agir de la conservation de l’habitat de certaines espèces d’oiseaux de prairies, d’oiseaux de marais discrets et d’oiseaux de rivage dont les populations affichent un déclin marqué.

Nos prochaines priorités

Actions prioritaires pour la conservation de l’habitat

Étant donné qu’une grande partie des populations de sauvagine nichent sur des terres privées, il est essentiel de mobiliser les producteurs agricoles, les éleveurs et d’autres propriétaires fonciers pour atteindre les objectifs du Plan. De nouvelles initiatives très prometteuses ont été mises en œuvre pour sensibiliser ces intervenants clés. Les stratégies consistent à atteindre un équilibre entre la productivité agricole et la conservation de l’habitat de la sauvagine. Voici deux exemples :

Progrès vers les objectifs en matière d’habitat

Les buts et les objectifs des plans conjoints ont été établis en fonction des géographies respectives pour atteindre les objectifs du PNAGS en matière d’habitat. Les objectifs de population continentaux (PNAGS, 2014) sont ainsi adaptés aux entités ou sous-entités géographiques de chaque plan conjoint (Fleming et coll., 2017, 2019). Pour la mise à jour de 2024, une enquête a été menée auprès des responsables des plans conjoints sur l’habitat de la sauvagine afin d’évaluer les progrès réalisés par rapport aux buts établis en matière d’habitat et la mesure dans laquelle les buts des partisans ont été officiellement intégrés dans les plans de mise en œuvre des plans conjoints. Environ la moitié des plans conjoints ont des objectifs quantifiés en matière d’habitat et des systèmes d’évaluation de l’habitat suffisants pour rendre compte des progrès réalisés. Les responsables de certains plans conjoints ont indiqué que des progrès importants avaient été réalisés dans la réalisation de leurs objectifs en matière d’habitat (annexe H). Par ailleurs, les responsables de nombreux plans conjoints pourront rapporter les progrès réalisés en lien avec une nouvelle mesure recommandée par le Comité du Plan, soit le pourcentage de la population souhaitée, d’après l’objectif de population adapté du PNAGS, que le territoire ciblé par le plan conjoint soutient actuellement. L’enquête a toutefois mis en évidence certains défis liés à la production de rapports, qui sont abordés dans le rapport technique à l’appui de la mise à jour de 2024.